mise à jour 2008/12/08
OPÉRATION NATIONALE D'INVENTAIRE DU TERRITOIRE LITTORAL
Présentation générale du projet
I – Les enjeux (2007)
Extrait du procès-verbal de la séance du 27 mars 2007 du Conseil national de l'inventaire général du patrimoine culturel, p.9.
M.
Toulier présente l'opération nationale relative au
littoral. Les enjeux sont triples : scientifiques, réglementaires
et culturels.
Sur
le plan scientifique, la recherche doit prendre en considération
la pression immobilière qui affecte le littoral, ainsi que la
fragilité du paysage naturel, du bâti, et du patrimoine
immatériel qui leur est associé. Il s'agit dans ce
domaine de passer d'une conception qui fait du patrimoine une
juxtaposition d'éléments à une vision d'ensemble
qui en saisit les imbrications. En dépit des approches
traditionnelles à coloration écologique, il ne s'agit
pas d'un milieu “ naturel ”, mais d'un milieu
“ historique ”, façonné par la
présence humaine. La démarche, pour être complète
et cohérente, ne doit pas limiter le “ topos ”
à une définition géographique restreinte.
Au-delà de la commune, c'est à l'échelle de la
conurbation que l'étude doit être conduite. Le littoral
est à appréhender dans toutes ses dimensions, en
liaison avec les cultures locales et les relations internationales,
ce qui implique une approche interdisciplinaire et décloisonnée.
Les
enjeux sont également réglementaires. Dès les
origines de l'inventaire, André Malraux a veillé à
mettre en place un service en charge des recherches sous-marines.
Depuis, les bords de mer ont toujours trouvé leur place dans
la politique du ministère chargé de la culture. Leur
mise en valeur fait l'objet d'un certain nombre de textes : plans
locaux d'urbanisme, schémas de cohérence territoriale,
schémas d'aménagement régionaux, parcs naturels
régionaux. En 1986 a été promulguée la
loi relative à l'aménagement, la protection et la mise
en valeur du littoral. La notion de patrimoine “ naturel ”
a été le moteur des actions de préservation de
l'espace qui ont été entreprises jusqu'à
présent, la prise en compte de la dimension culturelle a donc
fait plus ou moins défaut : c'est ce qui explique que le
Conseil national du littoral, créé en 2006, comporte
une commission du patrimoine culturel où le ministère
de la culture n'est pas représenté en tant que tel,
mais a désigné un membre (au titre des représentants
d'associations concourant à la mise en valeur du patrimoine
maritime).
Les
enjeux sont enfin culturels, en ce sens qu'il s'agit de promouvoir
une identité du littoral qui ne coïncide pas avec les
limites administratives. Il ne peut exister de représentations
uniformes. Le patrimoine du littoral doit être appréhendé
dans sa double dimension, indissolublement naturelle et culturelle.
Un équilibre doit être recherché dans les
opérations de protection des paysages et du bâti :
l'exemple de l'Estérel est là pour prouver les limites
d'une protection qui ne prend pas en compte les totalités
intégrées : la spéculation immobilière,
suscitée par la préservation du paysage naturel, lui a
nui en retour.
II – État des lieux (2007)
Extrait du procès-verbal de la séance du 18 décembre 2007 du Conseil national de l'inventaire général du patrimoine culturel, p.7.
Patrimoine littoral (Bernard Toulier)
À
la demande de la sous-direction de l'archéologie, de
l'ethnologie, de l'inventaire et du système d'information
(DAPA) et en collaboration avec l'Observatoire du littoral, Mme
Céline Frémaux a mené une étude conçue
comme préalable nécessaire à une opération
nationale sur le patrimoine culturel littoral. Une première
version du rapport final de cette étude est distribuée
en séance, et M. Bernard Toulier en fait une présentation
rapide.
Il
s'agit pour l'essentiel d'un état des lieux d'interventions
significatives qui ont touché les communes littorales ces
trente dernières années : sans prétendre à
l'exhaustivité, ont été passées en revue
et analysées les initiatives et actions extérieures au
ministère de la culture, puis celles qu'il a menées
lui-même.
La
conclusion qui s'impose à la suite de ce rapide tour d'horizon
est qu'il existe une masse pléthorique d'études portant
sur le patrimoine maritime ou sur le littoral, où s'impliquent
de multiples acteurs, mais il s'agit souvent d'actions fragmentées
dans le temps et par domaine de compétence (archéologie,
ethnologie, architectures, ...), d'études qui se juxtaposent,
sans vision territoriale d'ensemble nécessaire pour une
politique raisonnée d'aménagement. Il n'existe pas,
notamment, de véritable approche paysagère des
territoires littoraux, ou de prescriptions en matière
d'inventaire du patrimoine qui tiennent compte de la spécificité
de ce territoire. Enfin, la question du type d'informations à
mettre à la disposition des acteurs du littoral, ainsi que de
leur forme (atlas) reste ouverte.
III – Bonnes pratiques, recommandations, prescriptions (2008-2009)